Business en ligne Guide pratique · Statut juridique

Micro-entreprise en France :
tout ce que tu dois savoir avant de te lancer

Le statut le plus simple pour démarrer… à condition d’en comprendre les règles. Cotisations, charges non déductibles, compte bancaire, facture électronique, aides : le vrai mode d’emploi, sans jargon.

Lecture : ~8 min Mis à jour : juin 2026 Niveau : débutant
Se lancer en micro-entreprise

La micro-entreprise, c’est souvent la première porte d’entrée vers la liberté. Simple à créer, peu de paperasse, pas de capital de départ : c’est le statut idéal pour tester son activité sans se mettre en danger. Mais derrière cette simplicité se cachent quelques règles qu’il vaut mieux connaître avant de signer. Je te résume tout ici, comme je l’aurais aimé quand j’ai débuté.

01 Tu ne peux déduire aucune charge

C’est la grande spécificité du régime micro, et celle qui surprend le plus. Tout ce que tu génères comme chiffre d’affaires doit être déclaré à l’URSSAF, point. Tes cotisations sont calculées sur ton CA brut encaissé, sans aucun abattement préalable.

Même si tu paies des frais de plateforme (Upwork, Malt…), un logiciel, une assurance pro ou des frais bancaires, tu ne peux pas les déduire de ton chiffre d’affaires. Chaque euro facturé génère sa cotisation.

C’est pour ça que la micro convient mieux aux activités à faibles charges (prestations de services, conseil, création de contenu) qu’aux activités nécessitant beaucoup d’achats ou de matériel.

02 Ce qu’il te reste, c’est ton vrai revenu

Une fois l’URSSAF déduite de ton chiffre d’affaires, ce qu’il te reste est ce que tu peux te verser. C’est simple à comprendre, mais ça veut aussi dire une chose : ton chiffre d’affaires n’est pas ton salaire.

Et comme on vient de le voir, tes frais récurrents (logiciels, assurances, frais financiers) sortent de ta poche après cotisations, sans bénéfice fiscal. Pense donc à les intégrer dans tes tarifs dès le départ.

03 Les taux de cotisations URSSAF en 2026

Le pourcentage prélevé par l’URSSAF dépend de ton type d’activité, et il évolue avec les lois de finances. Voici les taux applicables au 1er janvier 2026 :

Type d’activitéTaux 2026
Vente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales / artisanales (BIC)21,2 %
Professions libérales non réglementées (BNC)25,6 %
Professions libérales relevant de la CIPAV23,2 %

À ces taux s’ajoute une petite contribution à la formation professionnelle (CFP). Et si tu débutes, pense à l’ACRE : elle réduit tes cotisations de moitié pendant tes 4 premiers trimestres (voir point 7).

Ces taux évoluent chaque année avec la loi de finances. Vérifie toujours le taux en vigueur pour ton activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr avant de calculer tes tarifs.

04 Le compte bancaire dédié dès 10 000 €

Tant que ton chiffre d’affaires reste modeste, tu peux utiliser ton compte personnel. Mais dès que tu dépasses 10 000 € de CA annuel deux années de suite, tu as l’obligation d’ouvrir un compte bancaire dédié à ton activité.

Bonne nouvelle : ce n’est pas forcément un compte « professionnel » coûteux. Un simple second compte courant dédié suffit dans la plupart des cas, ce qui te permet d’éviter les frais élevés des comptes pro classiques.

05 La franchise de TVA (et ses seuils)

C’est l’un des grands atouts de la micro-entreprise : tant que tu restes sous certains seuils, tu bénéficies de la franchise en base de TVA. Concrètement, tu ne factures pas de TVA à tes clients et tu n’as rien à reverser à l’État. Tes factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

Voici les seuils de franchise applicables en 2026 :

Type d’activitéSeuil de franchise TVA
Vente de marchandises85 000 €
Prestations de services37 500 €

Au-delà de ces seuils, tu deviens redevable de la TVA : tu dois la facturer à tes clients, la collecter et la reverser à l’administration fiscale. Cela change aussi ta façon de fixer tes prix, surtout si tu travailles avec des particuliers.

Être en franchise de TVA est un avantage avec les clients particuliers (tes prix sont plus bas). Mais avec des clients professionnels qui récupèrent la TVA, ça compte moins. Pense-y au moment d’approcher tes seuils.

06 La facture électronique arrive

C’est une réforme à anticiper. La facturation électronique devient progressivement obligatoire pour toutes les entreprises, micro-entreprises comprises, même celles en franchise de TVA. Deux échéances te concernent :

1ᵉʳ septembre 2026

Tu devras être en capacité de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée.

1ᵉʳ septembre 2027

Tu devras aussi émettre tes factures B2B au format électronique structuré (un simple PDF par mail ne suffira plus).

Anticipe en choisissant dès maintenant un logiciel de facturation conforme, beaucoup proposent des offres gratuites adaptées aux micro-entrepreneurs.

07 Déclaration mensuelle ou trimestrielle

Tu choisis ton rythme à la création : l’URSSAF peut être déclarée et payée chaque mois ou chaque trimestre. Mon conseil : si tu débutes et que ta trésorerie est serrée, le mensuel évite l’effet « grosse facture surprise » tous les trois mois. Le trimestriel, lui, demande plus de discipline pour provisionner.

Quel que soit ton rythme, prends l’habitude de mettre de côté le pourcentage URSSAF le jour même où tu encaisses. Tu ne ressentiras jamais le choc de l’échéance.

08 Les aides à la création

Se lancer ne veut pas dire se lancer seule. Plusieurs dispositifs existent pour t’accompagner financièrement, notamment :

L’ACRE — une exonération partielle des cotisations (environ 50 %) pendant tes 4 premiers trimestres. À demander au moment de la création, ne la rate pas.

L’ARCE (via France Travail) — si tu bénéficies d’indemnités chômage, tu peux percevoir une partie de tes droits sous forme de capital pour démarrer ton activité, ou continuer à toucher une partie de tes allocations.

Renseigne-toi auprès de ton conseiller France Travail avant même de créer ta structure : l’ordre des démarches peut changer tes droits.

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En résumé

  • Aucune charge n’est déductible : tes cotisations se calculent sur le CA brut.
  • Ton chiffre d’affaires n’est pas ton salaire — pense à tes frais avant de fixer tes tarifs.
  • Taux URSSAF 2026 : de 12,3 % (vente) à 25,6 % (libéral BNC).
  • Compte dédié obligatoire au-delà de 10 000 € de CA.
  • Franchise de TVA jusqu’à 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services).
  • Facture électronique : réception en 2026, émission en 2027.
  • Déclaration au choix, mensuelle ou trimestrielle.
  • Pense à l’ACRE et aux aides France Travail dès la création.

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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les taux et obligations évoluent avec les lois de finances : vérifie toujours les informations à jour sur les sites officiels (URSSAF, service-public.fr) ou auprès d’un expert-comptable pour ta situation précise.

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